Communautarisme ?

Extrait d’une Interview à Liberation

Libération : Communautarisme

Communautarisme : «Il y a d’un côté une forme de déni et de l’autre l’hystérisation»

Par Rachid Laïreche — 18 février 2020 à 21:01

Selon le maire de Sarcelles, Patrick Haddad, il y a un «décalage entre les débats publics» sur les quartiers populaires et leur quotidien. Et dans sa ville, un «équilibre entre communautés».

Le maire de Sarcelles, Patrick Haddad, est en campagne pour un nouveau mandat. Le socialiste assure que les questions liées au communautarisme ne rythment pas le quotidien de sa ville. Mais il ne nie pas «quelques difficultés». Et prévient : elles ne se régleront pas dans une «hystérie» qui «n’apporte aucune solution concrète».

 Faites-vous une différence entre «séparatisme» et «communautarisme» ?

Le terme séparatisme est plus récent dans le débat et sa définition n’est pas encore arrêtée. Personnellement, la différence que je fais, c’est celle entre la «communauté» et le «communautarisme». Il y a un risque, parfois, qu’une communauté se referme sur elle-même et ça devient du communautarisme.

 Dans votre ville, Sarcelles, est-ce qu’il y a du communautarisme ?

Certaines personnes, voire certains petits groupes, se referment, se coupent du monde extérieur. C’est une réalité. Mais aucune communauté ne tente de prendre le pouvoir sur une autre : je ne rencontre pas ce phénomène à Sarcelles.

(…)

 On a le sentiment que tout va bien mais le nom de votre ville revient souvent, notamment dans la bouche de l’ancien maire, François Pupponi, pour s’alarmer de la montée du communautarisme…

Je trouve ça réducteur et ça me dérange. Ici, il y a une particularité sociologique avec différentes communautés, mais dans la vie de tous les jours personne ne me parle de ça, jamais. Les habitants me parlent des problèmes de logement, d’emploi, de transports, de services publics… des choses qui correspondent aux besoins fondamentaux.

A quoi ressemble votre ville ?

Il y a un très fort mélange avec une communauté juive importante, musulmane au moins aussi importante et des chrétiens d’Orient. A Sarcelles, il y a une autre particularité, c’est la population antillaise, qui est très nombreuse. Ce mélange forme un équilibre, aucune communauté ne prend le pouvoir sur une autre. Le rôle de l’Etat et du maire est de faire vivre tout le monde ensemble sans regarder qui croit (ou pas) en quoi. Chez moi, tout le monde se parle et je ne force la main à personne.

(…)

Rachid Laïreche